Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Youssef Chahine/ Alexandrie, pourquoi ?
  • Mercredi 15 Mai à 18h00
  • Jeudi 16 Mai à 16h00
  • Mercredi 22 Mai à 20h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
PRÉSENTÉ PAR AMAL GUERMAZI, suivi de la conférence-concert Youssef Chahine, jeudi 16 mai

Alexandrie, pourquoi ?

2H16, ÉGYPTE, 1978

AVEC NAGLAA FATHI, AHMED ZAKI, FARID SHAWKI

1942, Alexandrie. L’Égypte, sous la domination britannique, s’attend à la prochaine arrivée de troupes allemandes ; la bataille d’El-Alamein est imminente. Yehia, un adolescent pétri de cinéma américain, veut devenir acteur et prépare un spectacle avec ses camarades du lycée catholique.

Comme Renoir, comme Minnelli, Chahine croit à la dialectique entre le spectacle et la vie ; de même croit-il au divertissement pour aborder des interrogations essentielles. Intellectuel se passionnant pour les milieux populaires et les exclus, il rappelle qu’on peut être pauvre et rigoler quand même. Le plus difficile avec Chahine est d’évaluer à quels spectateurs il est, il fut, le plus utile. Ceux d’ici ou ceux de là-bas ? Alexandrie pourquoi ? est le premier volet de son triptyque autobiographique (au sein d’une même ambition, à la Fassbinder, de mixer à chaque film histoire nationale et roman personnel). Alexandrie : la ville phare historique, la ville qui en 1942 attend ou redoute les Allemands, la ville où il fait bon vivre toutes religions mélangées, la ville d’où Chahine prit son envol pour les États-Unis, et celle où il reviendra, une fois formé, car il lui appartient. Chahine est son propre trait d’union entre l’Alexandrie éternelle et l’Hollywood fantasmé. Film des origines, Alexandrie pourquoi ? délivre son acte de naissance comme metteur en scène et révèle que l’œuvre s’enracine dans ce dialogue interminable avec l’Amérique de sa jeunesse, cette Amérique qui désole sa vieillesse. Tous les films parlent d’identité, d’écartèlement entre deux cultures, d’appartenances ennemies, et d’harmonie reconquise à la sueur de chaque plan. Le monde du vieux Chahine parle encore de demain.
Isabelle Potel, Libération