Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Ciné Scènes André Robillard/ ANDRÉ ROBILLARD, EN COMPAGNIE
  • Lundi 25 Mars à 20h30
  • À l'Espace
  • Tarif de 2,50 à 5€
PRÉSENTÉ PAR ALEXIS FORESTIER ET ANDRÉ ROBILLARD

ANDRÉ ROBILLARD, EN COMPAGNIE

HENRI-FRANÇOIS IMBERT – 1H32, FRANCE, 2018

AVEC ANDRÉ ROBILLARD, ALEXIS FORESTIER, JEAN OURY

Aujourd’hui, à 87 ans, André demeure toujours dans l’hôpital psychiatrique où il est entré à l’âge de 9 ans. Entre temps, il est devenu un artiste internationalement reconnu du champ de l’Art Brut.

André Robillard s’occupait de l’assainissement de l’hôpital psychiatrique des Aubrais, où il était interné depuis 1939, lorsque en 1964, il assembla ses premiers fusils. Ceux-ci trouvèrent le chemin du Musée d’Art Brut de Lausanne, grâce à Jean Dubuffet et au conservateur Michel Thévoz. Lorsque en 1993, Henri-François Imbert le filme une première fois, c’est déjà un artiste connu.
Suivant le plasticien et performeur dans sa tournée, Henri-François Imbert en tire le portrait, comme par inadvertance. Le réalisateur est trop réservé pour se livrer au jeu de la biographie intime. C’est le filmé lui-même, plus extraverti que le filmeur, qui livre des pans de son existence. L’une de ces étapes, à Saint-Alban en Lozère, permet à Imbert d’infléchir légèrement le cours de son film. C’est à Saint-Alban qu’est née la psychiatrie institutionnelle, sous l’impulsion, entre autres, de François Tosquelles, combattant républicain en exil, puis résistant. Organiquement, sans forcer la démonstration, Henri-François Imbert articule l’histoire de la psychiatrie et celle du pays, et – à travers la figure d’André Robillard – conçoit la place idéale que devrait y occuper l’art. Ce qui paraît extraordinairement ambitieux, pour ne pas dire prétentieux. Le film est préservé de cet écueil par deux puissants antidotes : la résolution du cinéaste à ne jamais se mettre en avant et l’énergie inépuisable d’André Robillard, désormais octogénaire. Entre ces deux pôles surgissent l’énergie et le plaisir de vivre qui sont la marque de ce documentaire doucement utopique.
Thomas Sotinel, Le Monde