Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / La ville au cinéma / L’ATALANTE
  • Mardi 7 Janvier à 15h00
  • Mercredi 8 Janvier à 10h30
  • Jeudi 9 Janvier à 20h15
  • Mardi 14 Janvier à 18h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

L’ATALANTE

JEAN VIGO – 1H27, FRANCE, 1934

AVEC MICHEL SIMON, DITA PARLO, JEAN DASTÉ

Le marinier Jean a épousé Juliette. Ils vont vivre à bord de leur péniche L’Atalante. L’équipage se compose d’un mousse et du père Jules, inénarrable personnage qui vit au milieu de ses chats. Mais Juliette, après la rencontre au bal musette d’un jeune camelot, quitte le navire...

« L’Atalante est un film mythique. C’est l’un des deux ou trois plus beaux films français des années 1930 et l’un des premiers chefs-d’œuvre du cinéma parlant. Combien de fois ai-je vu L’Atalante ? Quinze fois ou plus ? Peu importe le chiffre. Ce film m’accompagne depuis toujours. Je devais avoir seize ans lorsque pour la première fois je me suis trouvé témoin de la scène où Michel Simon montre à Dita Parlo son torse tatoué et où il se coupe la chair à la racine du pouce pour faire valoir le tranchant de sa navaja. Quelle conscience avais-je pris ce jour-là, à travers le regard effrayé de la jeune femme, de ce qui se jouait réellement entre eux ? Je crois bien avoir été bouleversé, poétiquement autant que sensuellement, par la sanglante et souveraine surprise du désir, par cette blessure qu’il ouvre en nous, à fleur d’être, en rendant aux lèvres leur forme véritable qui est celle d’une cicatrice. Vivante cicatrice pour une blessure fraîche : les lèvres de Dita Parlo, fascinée par le geste de Michel Simon, s’émeuvent dans l’hypnose de l’instant et se mettent à aspirer un sang imaginaire. C’est vrai qu’il y a des moments où la beauté ne peut être que convulsive. »
Claude-Jean Philippe, Le Matin de Paris, 1977