Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Ciné citoyen/ Autonomes
  • Samedi 3 Octobre 2020 à 18h30
  • Vendredi 9 Octobre 2020 à 14h00
  • Samedi 10 Octobre 2020 à 14h30
  • Lundi 12 Octobre 2020 à 14h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
en présence du réalisateur, samedi 3 octobre

Autonomes

François Bégaudeau – 1h52, 2020

 

Ici et là, hors des radars de la représentation majoritaire, des gens, parfois seuls, parfois asso-ciés, cultivent des modes de vie, de production, de pensée, de croyance, de soin, en rupture au moins relative avec les manières certifiées conformes. L’écrivain, scénariste et réalisateur François Bégaudeau suit le parcours et le quotidien de quelques-uns d’entre eux.

Autonomes semble d’abord se construire sur une juxtaposition de lieux, de paroles, de portraits. Ainsi rencontre-t-il tour à  tour un magnétiseur, des sourciers, un chaman, des néo-ruraux ou encore des bonnes sœurs... Le film trouve toutefois sa cohérence à un double niveau. Le premier tient à  la relation que Bégaudeau noue avec ceux qu’il filme. Sans rien perdre de son humour ou de sa malice, il fait preuve d’une égale considération pour chacun, laissant aux adultes comme aux enfants le temps d’énoncer ou d’incarner leurs positions. La durée est alors aussi la condition pour le cinéaste du dépassement de sa propre incrédulité. L’art de Bégaudeau a toujours procédé d’une humilité devant le réel, ses nuances, ses contradictions, ses énigmes comme ses éclatantes évidences. Mais c’est à travers un second niveau, celui du montage, que le film se révèle le plus subtil et le plus juste. Plutôt que d’interroger une famille, le cinéaste va faire le choix de tramer les paroles de la femme, de l’homme et de l’enfant – chemin faisant, c’est l’idée d’une famille élargie, ou d’une communauté ouverte, qui émerge. À chaque fois, ce sont de nouveaux réseaux de dépendance, ou de solidarité, qui s’esquissent. Si nul homme n’est une île, même celui qui entend vivre dans une grotte, c’est que personne ne saurait s’abstraire d’un milieu entendu au sens large – une biosphère. Le long métrage de François Bégaudeau montre avec précision comment l’autonomie n’est pas affaire de détachement, mais bien de prise en considération de nos attachements – à  la terre, aux corps, aux animaux, à autrui, à tout ce qui en somme rend une vie possible.
Raphaël Nieuwjaer, Nouveaux partages ©ACOR

→ samedi 3 octobre rencontre avec François Bégaudeau, réalisateur et écrivain, animée par Michèle Tatu, critique cinéma pour Factuel.info