Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / L'Été du cinéma Français/ L’AUTRE CONTINENT
  • Mercredi 17 Juillet à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

L’AUTRE CONTINENT

ROMAIN COGITORE – 1H30, 2019

AVEC DÉBORAH FRANÇOIS, PAUL HAMY, DANIEL MARTIN

Maria a 30 ans, elle est impatiente, frondeuse, et experte en néerlandais. Olivier a le même âge, il est lent, timide et parle quatorze langues. Ils se rencontrent à Taïwan. Et puis soudain, la nouvelle foudroyante. C’est leur histoire. Celle de la force incroyable d’un amour. Et celle de ses confins, où tout se met à lâcher. Sauf Maria.

« L’Autre Continent est d’abord la chronique d’un amour hors-norme : les personnages, tous deux polyglottes, se rencontrent à Taïwan dans une langue qui n’est pas la leur. Le film joue évidemment sur cette métaphore : dans quelle langue se parle-t-on ? Dans la première partie, Olivier et Maria ne se comprennent pas vraiment, leurs échanges se font à un autre niveau. Mais, pour moi, le mélange des langues était d’abord l’occasion de m’intéresser à la mémoire. C’est véritablement un art et c’est d’ailleurs ainsi qu’était considérée la mémoire avant la diffusion de l’écriture. Les gens apprenaient à mémoriser des histoires et des discours au mot près et pour cela ils utilisaient « la méthode des lieux », qui consiste à placer des souvenirs dans des lieux mentaux, et à reparcourir mentalement ces lieux lorsqu’il s’agit de se les rappeler. Ce parcours du souvenir, c’est ce à quoi s’attelle Maria. Dès le début, j’avais le désir d’une forme de kaléidoscope, où les pièces se mêlent et s’entre-choquent. Je tenais à travailler sur des différences d’échelles et de régimes ; passer d’une proximité des personnages en caméra épaule, à soudain une vue aérienne... 
La plupart des films qui mêlent amour et maladie se terminent de deux façons : soit la personne meurt, soit elle est sauvée. Ici, la réponse est différente et c’est ce qui m’intéresse. Olivier et Maria nous ramènent à la question, universelle, qui se présente forcément à un moment d’une relation : faut-il renoncer à cet amour ? Qui croit encore aujourd’hui à la simplicité de la phrase du conte : Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ? »
Romain Cogitore