Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinékino/ Benni (Systemsprenger)
  • Jeudi 14 Janvier 2021 à 16h30
  • Vendredi 15 Janvier 2021 à 18h30
  • Samedi 16 Janvier 2021 à 14h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
Présentation & débat

Benni (Systemsprenger)

Nora Fingscheidt – 1h58, Allemagne, 2019

avec Helena Zengel, Albrecht Schuch, Gabriela Maria Schmeide

meilleur premier film – festival de Berlin 2019

 

Benni a neuf ans. Négligée par sa mère, elle est enfermée depuis sa petite enfance dans une violence qu’elle n’arrive plus à contenir. Prise en charge par les services sociaux, elle n’aspire pourtant qu’à être protégée et retrouver l’amour maternel qui lui manque tant. De foyer en foyer, son assistante sociale et Micha, un éducateur, tentent tout pour calmer ses blessures et l’aider à trouver une place dans le monde. 

Nora Fingscheidt signe avec son premier long-métrage une oeuvre d’une impressionnante justesse qu’elle puise en partie dans sa propre expérience : « J’ai toujours eu envie de faire un film sur une petite fille « sauvage » car j’étais moi-même une sauvageonne quand j’étais enfant» . Avec la même intensité, elle parvient à plonger dans le malaise voire l’effroi qu’inspire Benni lors de ses déchaînements de violence verbale et physique, tout en rendant proche et terriblement attachante cette fillette consumée par sa vaine quête d’amour maternel, rejetée et déplacée au gré de ses accès de rage. À l’opposé de la plupart des films sur l’enfance à la marge, Benni ne se veut pas une charge contre les services sociaux. Nora Fingstcheidt a enquêté dans les institutions et partagé le quotidien de ses travailleurs sociaux, régulièrement sur la corde raide entre une distance professionnelle nécessaire et un investissement émotionnel inévitable mais souvent douloureux. 
Sa réalisation, énergique et colorée, favorise l’empathie en nous immergeant dans le chaos intérieur de Benni. L’interprétation exceptionnelle d’Helena Zengel, ange blond, aux grands yeux bleus et à la peau diaphane lui permet d’incarner tous les paradoxes de son personnage, tendre et violent, désespéré et joyeux. Beau et déchirant. 
Corinne Renou-Nativel, La Croix

→ Vendredi 15 janvier présenté et suivi d’un débat avec Ida Hekmat, maîtresse de conférences, département d’allemand de l’université de Franche-Comté
→ Samedi 16 janvier suivi à 16h30 du café-ciné, le rendez-vous des spectateurs, ouvert à tous