Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / La ville au cinéma / CHUNGKING EXPRESS
  • Lundi 10 Février à 18h30
  • Mercredi 12 Février à 10h30
  • Mercredi 12 Février à 16h30
  • Jeudi 13 Février à 20h15
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

CHUNGKING EXPRESS

WONG KAR-WAI – 1H37, HONG-KONG, 1994

AVEC BRIGITTE LIN, TONY LEUNG, FAYE WONG

L’histoire de deux flics lâchés par leur petite amie. Le matricule 223 qui se promet de ­tomber amoureux de la première femme qui entrera dans un bar à Chungking House où il noie son chagrin. Le matricule 663, qui chaque soir passe au Midnight Express, un fast-food du quartier de Lan Kwai Fong, acheter à la jolie Faye une « Chef Salad » qu’il destine à sa belle, une hôtesse de l’air.

Film culte pour toute une génération, Chungking Express fit connaître Wong Kar-wai en Occident. Il fut tourné et monté en trois mois, lors une pause sur le tournage de son film de sabre Les Cendres du Temps, dans le but de financer les coûts excessifs de ce dernier.
Le film séduit par sa légèreté, sa liberté, ses lignes de fuite, son pouvoir de fascination multiple. Wong Kar-wai saisit l’effervescence de la ville, la somme de ses possibles, de ses rendez-vous manqués, de ses tentations éphémères. C’est donc aussi le règne de l’aléatoire, du simulacre et de l’atomisation. Chaque personnage est, de fait, isolé dans une bulle. Il se raconte plus qu’il ne communique avec l’autre : les deux flics ressassent leur chagrin et les deux filles s’oublient dans la suractivité, Faye rêve d’Amérique en se soûlant avec le California Dreaming des Mamas & Papas. Les sentiments circulent par personne ou objet interposés. Ces derniers sont alors doués de vie : dans Chungking Express, le savon maigrit, la maison pleure, la came se volatilise, les peluches ont mauvaise mine, la chemise prend l’air…
J. Morice, Les Inrocks