Les deux scènes

Les deux scènes
  • Vendredi 7 Avril à 20h00
  • Samedi 8 Avril à 16h30
  • Dimanche 9 Avril à 18h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
Suivi d'un entretien filmé avec Dominique Cabrera, réalisatrice du film

Corniche Kennedy

DOMINIQUE CABRERA - 1H34, FRANCE, 2017

Corniche Kennedy. Dans le bleu de la Méditerranée, au pied des luxueuses villas, les minots de Marseille défient les lois de la gravité. Marco, Mehdi, Franck, Mélissa, Hamza, Mamaa, Julie : filles et garçons plongent, s’envolent, prennent des risques pour vivre plus fort. Suzanne les dévore des yeux depuis sa villa chic. Leurs corps libres, leurs excès. Elle veut en être. Elle va en être.

C’est un film, de la trop rare réalisatrice Dominique Cabrera, qui réchauffe, au mitan de l’hiver. D’abord parce que l’on en sort rechargé de l’énergie de Marseille, où l’action se déroule, mais aussi parce que même si la violence, la tension y sont omniprésentes, il s’en dégage une fraternité, une douceur, une délicatesse, même, qui font que l’on en sort plein d’un magnifique élan vital. Il faut dire que l’on est attendri, tout au long du film, par une tribu de sauvageons qui vivent, en grande liberté, loin de leurs quartiers Nord, sur les rochers de la corniche Kennedy. Là, ces décrocheurs de lycée tchatchent, mesurent leur virilité, font la loi, au milieu des villas de riches, qu’ils ne deviendront jamais, leur grâce et leur habileté à plonger effaçant leurs humiliations et leur garantissant une intensification de la vie, que la caméra rend très palpable. Le dosage de suspense, d’action, d’invention poétique rythme ce film complexe et attachant, crédité, en plus, d’une très belle réussite : avoir réussi à dompter ces lionceaux avec accent, à créer avec eux des liens complices qui les ont amenés à investir le film, à l’enrichir de leurs inventivités poétiques, de leur fureur de vivre, de leurs sauts de l’ange qui sont tout un spectacle.
Magali Jauffret, L’Humanité