Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinémas d’Asie/ A Dark, Dark Man
  • Mercredi 7 Octobre 2020 à 16h00
  • Jeudi 8 Octobre 2020 à 20h30
  • Lundi 12 Octobre 2020 à 18h30
  • Mardi 13 Octobre 2020 à 16h15
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
avant-première – sortie nationale prévue le 14 octobre 2020

A Dark, Dark Man

Adilkhan Yerzhanov – 1h50, Kazakhstan, 2019

Avec Daniyar Alshinov, Dinara Baktybayeva

 

Bekzat est un jeune policier qui connaît déjà toutes les ficelles de la corruption des steppes kazakhes. Chargé d’étouffer une nouvelle affaire d’agressions mortelles sur des petits garçons, il est gêné par l’intervention d’une journaliste pugnace et déterminée. Les certitudes du cow-boy des steppes vacillent.

Révélé sur la scène internationale avec la sélection à Cannes en 2018 de La Tendre Indifférence du monde, le vrai-faux polar A Dark, Dark Man confirme sa personnalité à part, avec cette enquête sur le meurtre d’un enfant qui, à l’image de sa surprenante bande originale, n’ira pas vraiment là où on l’attend. Les premiers plans de A Dark, Dark Man sont étranges et beaux. On comprend rapidement que, dans ce coin perdu du Kazakhstan, des affaires comme celles-ci peuvent être expédiées. Yerzhanov décrit la corruption normalisée dans un village de western où l’on s’arrange avec sa propre loi. 
Les paysages dans A Dark, Dark Man sont sublimés – pas pour la carte postale, mais (entre autres) pour leur fonction narrative. Le décor paraît en permanence trop grand pour les fourmis humaines qui s’y perdent maladroitement. Les sauvages se tapent dessus dans cet espace ample, d’une profondeur à perte de vue. Lors d’une scène lunaire, les protagonistes nagent dans le vide – une parenthèse clownesque assez éloquente.
Le film a une drôle de légèreté, de fluidité – tout semble sur le point de s’évaporer, dans la beauté à couper le souffle de la photographie. 
Nicolas Bardot, Le Polyester