Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Danse et cinéma / LES ENFANTS D’ISADORA
  • Vendredi 6 Mars à 15h30
  • Samedi 7 Mars à 11h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

LES ENFANTS D’ISADORA

DAMIEN MANIVEL – 1H25, FRANCE, 2019

AVEC AGATHE BONITZER, MANON CARPENTIER, MARIKA RIZZI, ELSA WOLLIASTON

Après la mort de ses deux enfants en avril 1913, la danseuse mythique Isadora Duncan a composé un solo intitulé La Mère. Dans un geste d’une grande douceur, une mère y caresse et berce une dernière fois son enfant avant de le laisser partir. Un siècle plus tard, quatre femmes font la rencontre de cette danse.

Que peut la danse face au malheur, au désespoir ? Beaucoup, nous dit ce film d’une magnifique pudeur, réalisé par un jeune cinéaste qui fut lui-même danseur. De La Mère, titre du solo d’Isadora Duncan, on voit ici l’actrice Agathe Bonitzer esquisser les premiers mouvements. Ils sont repris par le professeur Marika Rizzi et une jeune élève trisomique, Manon Carpentier. Après les avoir vues sur scène, une femme noire, jouée par la chorégraphe Elsa Wolliaston, repart chez elle, dans une solitude où les enfants d’Isadora, désormais, l’accompagnent. Ni fiction, ni documentaire, ni spectacle filmé, c’est un film-atelier que propose Damien Manivel. Une gestuelle qui dit l’arrachement, le vide, passe par différents corps et se charge d’émotion. Elle s’affine peu à peu, s’allège pour porter le poids de la tristesse. Surgit alors comme une réponse à la mort : la naissance d’une grâce consolatrice que seule la danse peut exprimer. Au plus près de cet art auquel il redonne sa force et son mystère, voici un film tendu vers une émotion d’une pureté infiniment rare.
Frédéric Strauss, Télérama