Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Le mystère Clouzot/ L’ENFER DE HENRI-GEORGES CLOUZOT
  • Dimanche 14 Janvier à 14h30
  • Samedi 20 Janvier à 16h15
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

L’ENFER DE HENRI-GEORGES CLOUZOT

RUXANDRA MEDREA & SERGE BROMBERG - 1H34, FRANCE, 2009

AVEC ROMY SCHNEIDER, SERGE REGGIANI, BÉRÉNICE BÉJO

En 1964, Henri-Georges Clouzot choisit Romy Schneider et Serge Reggiani pour son prochain projet ambitieux, L’Enfer. Un projet énigmatique et insolite, un budget illimité, un film qui devait être un « événement » cinématographique a sa sortie. Mais le tournage est interrompu au bout de trois semaines. L’Enfer n’existera jamais et les images resteront invisibles pendant un demi-siècle. Retrouvées par miracle, elles sont à la hauteur de leur légende : stupéfiantes, presque inconcevables.

Cette histoire, Bromberg nous la raconte en usant de trois sources. Les témoignages des rescapés de ce désastre, depuis l’assistant opérateur William Lubtanchsky jusqu’à l’actrice Catherine Allégret. Des fragments de dialogues originaux lus par Jacques Gamblin et Bérénice Béjo. Enfin, et c’est assurément la partie la plus impressionnante, de nombreux extraits tirés des quinze heures de bouts d’essai et de rushes existants, dépourvus de son. Principal objet de l’expérience : Romy Schneider transformée en matière malléable à merci, surface de projection pulsionnelle à haute teneur érotique. Romy Schneider, telle que jamais on ne l’a vue : ligotée, dégradée, répulsive, fascinante, dominatrice, fragmentée, scintillante, hybridée, peinte de la tête aux pieds, captive d’un démiurge qui la soumet à ses plus folles visions. Si L’Enfer ne renaîtra pas de ses cendres, du moins peut-on en visiter les sulfureux vestiges et rêver indéfiniment à ce qu’il aurait pu devenir : poésie frénétique ou grandiloquent échec.
Jacques Mandelbaum, Le Monde