Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinéma & poésie/ L’ESPRIT DES LIEUX
  • Jeudi 14 Mars à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
PRÉSENTÉ PAR QUENTIN MERCIER, COLLECTIF RADA + séance d'écoute

L’ESPRIT DES LIEUX

STÉPHANE MANCHEMATIN & SERGE STEYER – 1H30, FRANCE, 2018

Marc Namblard consacre l’essentiel de son temps à sa passion : « Je vis au pays des sons ». Cette quête existentielle l’a conduit à s’enraciner à la lisière d’un massif forestier, dans les Vosges. À la tombée du jour, il camoufle ses micros dans un sous-bois, déclenche la prise de son, puis s’éloigne jusqu’à se fondre dans la nature. Toute la nuit, le dispositif capte des ambiances sonores : souffles, cris, chants, grattements... De retour en studio, Marc écoute les enregistrements afin d’en extraire les pépites. Curieuse et intriguée par ses activités nocturnes, sa fille Lucie est souvent la première auditrice des tableaux sonores que crée son papa.

Comment filmer dans sa profondeur l’activité intense, a peine visible, qui consiste a écouter ? Au début du film, Marc Namblard, preneur de son atypique installé dans les Vosges, ferme les yeux. Cette fermeture est une invitation : commence alors une épopée de l’écoute, de sa captation (les nuits qu’il passe en forêt pendant la période du brame) a sa transmission (aupres de sa fille, premie re auditrice de ses tableaux sonores, initiée au monde par le prisme de son oreille docte et créative). Parfois, la passation se fait a un artiste, comme le compositeur Christian Zanési, qui vient puiser chez lui des sonorités mystérieuses pour une pie ce électroacoustique. Marc Namblard est un naturaliste : au même titre que ceux qui jadis herborisaient, il part dans la forêt pour faire sa collecte, cachant ses micros stéréo dans le feuillage, se fondant dans le paysage. Quand on le voit a son bureau, casque sur les oreilles, identifiant, classifiant, comment ne pas voir dans son travail un miroir tendu a tout documentariste ? Leur point commun réside dans la recherche de l’émotion : quand Marc et son fre re écoutent de vieilles bandes enregistrées en famille, l’origine de sa passion affleure, tout en donnant a entendre des échanges si quotidiens et familiers qu’ils semblent la quintessence de ce qui, pour tout un chacun, fait famille.
Charlotte Garson, pour le festival Cinéma du réel