Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Julien Duvivier/ La Fin du jour
  • Mardi 1 Décembre 2020 à 16h15
  • Mercredi 2 Décembre 2020 à 18h15
  • Jeudi 3 Décembre 2020 à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

La Fin du jour

Julien Duvivier – 1h48, 1939

Avec Louis Jouvet, Michel Simon, Victor Francen

 

L’abbaye de Saint-Jean-la-Rivière menace de fermer ses portes. Ce qui serait une véritable catastrophe pour ses pensionnaires, tous de vieux comédiens sans ressources. Saint-Clair, acteur autrefois adulé et grand séducteur de femmes, vient justement d’y arriver et y retrouve Marny, grand rival dont il avait jadis séduit la femme, et Cabrissade, artiste de second ordre.

Film d’acteurs consacrés aux acteurs, La Fin du jour est aussi une réflexion sur la vieillesse comme un retour obligé à l’état d’enfance. L’asile est certes un mouroir mais il tient tout autant du pensionnat pour garnements éternels, en quête de leurs derniers mauvais coups. Malgré sa tristesse obligée, le film fait parfois penser aux Disparus de Saint-Agil. Pour saisir ces mômes devenus des figures de cire, Duvivier a choisi de privilégier la tendresse plutôt que la noirceur qui a fait sa réputation. Et, même quand les effets sont appuyés (le long travelling sur les portes des chambres dont s’échappent des applaudissements rêvés), tout le film baigne dans une douce mélancolie plutôt que dans le morbide. Si les gestes se sont figés, si les vies sont au ralenti, une phrase de dialogue vient démontrer qu’un acteur ne meurt pas tant qu’il sait encore rire de lui-même. Ici, sombrer dans le pathos est synonyme de fin.
Frédéric Bonnaud, Libération