Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / LES GARÇONS SAUVAGES
  • Mercredi 5 Septembre à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
suivi d'un entretien filmé avec le réalisateur

LES GARÇONS SAUVAGES

BERTRAND MANDICO - 1H50, 2018

AVEC PAULINE LORILLARD, VIMALA PONS, DIANE ROUXEL

Début du vingtième siècle, cinq adolescents de bonne famille épris de liberté commettent un crime sauvage. Ils sont repris en main par le Capitaine, le temps d’une croisière répressive sur un voilier. Les garçons se mutinent. Ils échouent sur une île sauvage où se mêlent plaisir et végétation luxuriante. La métamorphose peut commencer…

Noir et blanc luisant, personnages romanesques, imaginaire foisonnant de fantasmagorie : Les Garçons sauvages s’annonce d’emblée comme différent. Amateurs de collages et d’assemblages, de rêves éveillés et de poésie vénéneuse, ce film est pour vous… Bertrand Mandico est ce doux ostrogoth qui signe, depuis une quinzaine d’années, des courts ou moyens métrages baroques et expérimentaux (Boro in the box). Dans son premier long, il filme une aventure iconoclaste mais jamais tout à fait sérieuse, sur l’océan et sur une île mystérieuse. Nourri d’influences multiples (de Robert L. Stevenson à La Nuit du chasseur, de Charles Laughton), il célèbre le tohu-bohu des genres, le flux et le reflux des sensations et des sentiments, la transformation des humains, de la faune et de la flore… Malaise et plaisir vont de pair. Le meilleur, le plus original tient sans doute à la sensualité aussi perverse que taquine que dégage la moindre image. Dans cet univers moite, tout est érotique : les « fruits âcres et poilus », la jungle odorante, la pluie violente et caressante, la nuit et la lune, les looks, la musique (de Nina Hagen à Tchaïkovski)… Érotique et diablement équivoque : ce sont des filles aux cheveux courts qui interprètent les jolis garçons. Lesquels, un moment, se métamorphosent…
Jacques Morice, Télérama