Les deux scènes

Les deux scènes
  • Lundi 23 Novembre 2020 à 14h00
  • Mardi 24 Novembre 2020 à 18h30
  • Mercredi 25 Novembre 2020 à 16h15
  • Vendredi 27 Novembre 2020 à 10h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

La Llorona

Jayro Bustamante – 1h37, Guatemala, 2019

Avec María Mercedes Coroy, Sabrina De La Hoz, Julio Diaz

 

La Llorona : seuls les coupables l’entendent pleurer. Selon la légende, la Llorona est une pleureuse, un fantôme qui cherche ses enfants. Aujourd’hui, elle pleure ceux qui sont morts durant le génocide des indiens mayas. Le général, responsable du massacre mais acquitté, est hanté par une Llorona. Serait-ce Alma, la nouvelle domestique ? Est-elle venue punir celui que la justice n’a pas condamné ?

Après Ixcanul et Tremblements, La Llorona boucle une trilogie. J’ai voulu dénoncer les trois mots les plus discriminants qui soient au Guatemala. Le premier mot, c’est « Indiens ». Au Guatemala, il désigne les indigènes mayas dont parle Ixcanul . Le second mot c’est « homosexuels », le sujet de Tremblements. Le troisième mot c’est « communistes ». C’est ainsi qu’on désigne au Guatemala, ceux qui défendent les droits de l’homme. C’est notamment de cela que parle La Llorona. Prendre une terre comme le Guatemala et la confronter à ce mythe me semble très naturel. Cela me permet d’emprunter au cinéma de genre pour parler du dictateur le plus sanguinaire de l’Amérique Latine. Ce film mélange plusieurs thèmes : l’histoire des assassinats durant la guerre civile au Guatemala, la condamnation d’Efraín Ríos Mott, prononcée, puis annulée, le procès pour crimes contre l’humanité des militaires stationnés à Sepur Zarco, l’esclavage domestique et sexuel des femmes indigènes, la misogynie, la religiosité, le mysticisme et le réalisme magique. Tous ces éléments s’agrègent dans un climat de suspens et de peur qui va au-delà de la légende. Pour réaliser un film qui puisse tenir le spectateur en haleine, je me suis inspiré de mes peurs enfantines et de mes terreurs d’adulte. Par le biais de la narration et du divertissement, j’ai essayé de dénoncer une situation, sans renoncer à faire du cinéma. 
Jayro Bustamante