Les deux scènes

Les deux scènes
  • Lundi 26 Novembre à 14h00
  • Mercredi 28 Novembre à 20h30
  • Jeudi 29 Novembre à 10h00
  • Jeudi 29 Novembre à 18h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Mala Junta

CLAUDIA HUAIQUIMILLA - 1H30, CHILI, 2018

AVEC ANDREW BARGSTED, FRANCISCO PÉREZ-BANNEN, ELISEO FERNÁNDEZ

Tano, adolescent turbulent, est envoyé dans le sud du Chili, chez son père qu’il n’a pas vu depuis plusieurs années. Il fait la connaissance de Cheo, jeune garçon timide d’origine mapuche, malmené par les autres élèves. Ils se lient d’amitié, chacun apprenant à dépasser ses difficultés grâce à l’autre. Si Tano canalise progressivement sa colère, Cheo quant à lui trouve la force de revendiquer son identité amérindienne. Tous deux s’impliquent alors dans la défense du territoire mapuche...

Le père de Tano vit dans les montagnes d’Araucanie, en pays mapuche où les Indiens luttent pour la défense de leurs terres et contre l’installation de l’usine de cellulose qui empoisonne les sols. Habitué à Santiago, Tano est étranger à cette nature majestueuse où par endroits, la forêt dessine des rideaux de verdure et où certains arbres ont une apparence féerique. Cheo, lui, est un gamin mapuche. Ombrageux, effacé. Souffre-douleur d’une bande de lycéens qui profitent de sa timidité. Et dont la curiosité pour Tano va venir à bout de leurs différences. La cinéaste Claudia Huaiquimilla évite les écueils qu’une telle histoire offre en abondance, bâtissant cette amitié sans pathos ni scènes édifiantes, privilégiant au contraire les échanges furtifs et les progressions lentes, fortifiant le lien intime qui se noue entre les deux adolescents au cours d’une intrigue déployée en douceur. À la complicité qui se trame, se mêlent tout naturellement les relations familiales, les journées au lycée et les manifestations mapuches. Tandis que les manifestations virent au drame, le film s’étoffe encore, servi par une mise en scène à la fois rigoureuse et d’un lyrisme sourd qui tient jusqu’au bout ses multiples registres enchevêtrés, juxtaposant dans le même tableau la beauté des paysages, la délicatesse intime et la violence politique. Cette richesse des perspectives, soudée par l’amitié de ces deux gosses, donne à Mala Junta sa force poignante. Et transforme ce beau film d’initiation en une ode à la résistance.
Sophie Avon, Sud ouest