Les deux scènes

Les deux scènes
  • Jeudi 11 Janvier à 9h30
  • Au Petit Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
Film analysé et discuté au Centre diocésain de 14h à 16h

NOCES

STEPHAN STREKER - 1H38, BELGIQUE, LUXEMBOURG, PAKISTAN, 2017

AVEC LINA EL ARABI, SÉBASTIEN HOUBANI, BABAK KARIMI

Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. La jeune fille se retrouve écartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté.

Est-ce si important de savoir que ce film est inspiré d'une histoire vraie, qui s'est déroulée à Charleroi, en 2007 ? Non, car il est aussi inéluctable, implacable et universel qu'une tragédie grecque, seulement déplacée sous le ciel gris du plat pays. Zahira, une beauté sombre de 18 ans, fait la fierté de son aimante famille belgo-pakistanaise. Elle est étudiante et si elle se tourne vers l'avenir, c'est sans renier ses origines. Jusqu'au jour où sa jeune vie s'emballe et se détraque. Elle se voit imposer par son père un mariage traditionnel, version Skype, avec un Pakistanais resté au pays. Après avoir tenté de résister, Zahira finit, croit-on, par céder. Mais le pire est encore à venir. Le Bruxellois Stephan Streker, dont c'est le troisième film, a l'intelligence d'arbitrer, sans prendre parti (un art où excelle l'Iranien Asghar Farhadi), le combat clandestin qui oppose, dans un petit appartement européen, deux cultures, deux mondes irréconciliables, que Zahira avait pourtant réussi à harmoniser. Dans le rôle de l'héroïne sacrificielle, Lina El Arabi, cette Antigone d'aujourd'hui, est proprement époustouflante. Elle est la révélation de ce film sans illusions sur les noces de la coutume et de la modernité. Sujet sensible, œuvre ultrasensible.

Jérôme Garcin, Le Nouvel Obs