Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinémas d'Asie/ L’ORPHELINAT
  • Lundi 6 Avril à 16h15
  • Mercredi 8 Avril à 20h15
  • Jeudi 9 Avril à 18h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

L’ORPHELINAT

SHAHRBANOO SADAT – 1H30, AFGHANISTAN, 2019

AVEC QODRATOLLAH QADIRI, SEDIQA RASULI, MASIHULLAH FERAJI

Kaboul, fin des années 80. Le jeune et débrouillard Qodrat gagne sa vie en revendant des tickets pour aller voir ses films bollywoodiens préférés. Rattrapé par la police, il se retrouve à l’orphelinat où il s’imagine héros de ses films préférés, combattant, aux côtés de ses nouveaux amis, l’invasion rebelle les menaçant.

Après Wolf and Sheep (2016), la réalisatrice afghane Shahrbanoo Sadat poursuit l’adaptation des Mémoires de son complice, l’écrivain Anwar Hashimi, avec le même jeune comédien, Qodratollah Qadiri. À la fin des années 1980, à Kaboul, Qodrat est placé dans un orphelinat. C’est entre les murs de cet établissement que se déroule l’essentiel du récit, s’ouvrant comme une chronique de l’âge tendre et des émotions qui le caractérisent (amusements, défis, rodomontades, attrait érotique pour une jeune professeure). Dans un second temps, l’orphelinat devient la caisse de résonance de l’histoire afghane et d’un changement de régime aux conséquences dramatiques pour le pays. À cette période, l’Afghanistan est encore une république soviétique, engagée dans une démarche d’éducation populaire. Mais la marche des Moudjahidine et l’avènement d’un État islamique scellent une chape de plomb sur cet univers retiré, où les femmes professeures démissionnent, où les hijabs fleurissent, où l’on détruit par le feu les archives… Mais plutôt que d’écraser ses jeunes personnages sous l’oppression qui vient, le récit se résout sur le plan de l’imaginaire (celui des films bollywoodiens qui circulaient pendant le communisme) par une dernière scène galvanisante qui assied la primauté du rêve adolescent. Mathieu Macheret, Le Monde