Les deux scènes

Les deux scènes
  • Mardi 24 Novembre 2020 à 14h00
  • Mercredi 25 Novembre 2020 à 18h30
  • Jeudi 26 Novembre 2020 à 10h00
  • Vendredi 27 Novembre 2020 à 18h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
Suivi du café(apéro)-ciné le vendredi 27 novembre à 20h

Perro Bomba

Juan Cáceres – 1h20, Chili, 2019

Avec Steevens Benjamin, Alfredo Castro

 

Jeune immigré haïtien vivant à Santiago, Steevens mène une vie sans histoires et sans grandes perspectives d’avenir. L’arrivée de Junior, un ami d’enfance, ramène un peu de gaieté dans sa vie. Mais le bonheur est fugace et Steevens en fait l’amère expérience lorsqu’il perd son travail suite à une altercation avec son patron. Un événement qui sera le début d’une longue descente aux enfers pour le jeune homme confronté, malgré lui, à la haine et la xénophobie d’une société conservatrice…

Juan Cáceres n’a peur de rien. Ce jeune réalisateur chilien à peine sorti de l’école de cinéma déboule sur la scène cinématographique de son pays avec un film qui a l’ambition tout à la fois de bousculer les conventions cinématographiques et de provoquer un débat dans son pays sur l’accueil des immigrés poussés par les dernières vagues migratoires. En l’occurrence, ici, les Haïtiens et les premiers Noirs à tenter de s’intégrer au sein d’une société blanche et ultraconservatrice. Entièrement financé par crowfunding, Perro Bomba tient autant du manifeste politique que du film de cinéma mais parvient, grâce une bonne dose d’audace, à être les deux à la fois. Brouillant volontairement les repères entre fiction et réalité, mélangeant acteurs professionnels et non-professionnels, jouant sur une dose d’improvisation, le réalisateur a construit son film autour de son acteur principal, Steevens Benjamin. Ce qui en fait « le tout premier film dans l’histoire du cinéma chilien où le protagoniste est interprété par un comédien noir », insiste Juan Cáceres pour qui ce simple fait est déjà un message politique en soi envoyéà son pays. Inspirées de la vie quotidienne du jeune acteur, certaines scènes notamment celles avec ses amis ou ses voisins sont quasi-documentaires. Elles sont enrichies d’une trame fictionnelle, à laquelle ont collaborédes acteurs chiliens. Celle-ci permet au film de dramatiser ces enjeux et d’entraîner le spectateur dans la descente aux enfers de son héros et son errance dans les rues de Santiago. Outre l’intérêt de mettre en lumière la situation particulière à ce pays, la beautédes images, notamment celles tournées la nuit, les intermèdes chantés à la manière d’un choeur antique, le créole parlé par ses protagonistes ajoutent charme et légèreté à un film qui aurait pu sinon verser dans le drame un peu trop démonstratif.
Cécile Rouden, La Croix 

→ vendredi 27, suivi à 20h du café (apéro)-ciné, le rendez-vous des spectateurs, ouvert à tous