Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Le mystère Clouzot/ QUAI DES ORFÈVRES
  • Mercredi 10 Janvier à 18h30
  • Jeudi 11 Janvier à 20h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

QUAI DES ORFÈVRES

1H45, FRANCE, 1947

AVEC LOUIS JOUVET, SUZY DELAIR, BERNARD BLIER

Jenny Lamour, chanteuse de music-hall douée, ne manque pas d’ambition. Elle accepte l’invitation à dîner de Brignon, homme riche et puissant qui peut l’aider dans sa carrière malgré l’opposition de Maurice, son époux. Jaloux et se croyant trompé, Maurice se précipite chez Brignon pour découvrir son rival assassiné.

Voilà un (vrai) classique du cinéma policier français, qui vaut autant pour son suspense (il s’agit d’une adaptation d’un roman de S. A. Steeman) que pour son atmosphère et ses personnages, marqués par le pessimisme foncier de Clouzot, ici au sommet de son art. Pour son troisième film, Clouzot choisit le milieu du music-hall et dresse un formidable parallèle entre les lumières de la scène et une sombre histoire d’assassinat. Entre l’intonation canaille de Suzy Delair, la diction inimitable de Louis Jouvet et la justesse du jeu de Bernard Blier, il réalise un film aux dialogues virulents et truculents. Louis Jouvet, dans le rôle d’un flic misanthrope et malgré tout attachant, se révèle un double parfait de son metteur en scène (comme la plupart des personnages masculins des films de Clouzot.) Quai des Orfèvres est une œuvre amère et sans aucune illusion, presque célinienne (l’humanité est pourrie, seule l’enfance échappe au massacre), dont le cynisme est sauvé par des accents déchirants et qui confirme que les bons sentiments ne font pas souvent les meilleurs films.
Bertrand Tavernier pour Arte