Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / La ville au cinéma / QUAND PASSENT LES CIGOGNES
  • Mardi 7 Janvier à 16h45
  • Dimanche 12 Janvier à 16h30
  • Lundi 13 Janvier à 18h00
  • Mardi 14 Janvier à 20h15
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

QUAND PASSENT LES CIGOGNES

MIKHAÏL KALATOZOV – 1H37, RUSSIE, 1957

AVEC TATIANA SAMOÏLOVA, ALEXEÏ BATALOV, VASILI MERKURYEV

Palme d’or – Cannes 1958

Moscou, 1941. Veronika et Boris sont éperdument amoureux. Mais lorsque l’Allemagne envahit la Russie, Boris s’engage et part sur le front. Mark, son cousin, évite l’enrôlement et reste auprès de Veronika qu’il convoite. Sans nouvelle de son fiancé, dans le chaos de la guerre, la jeune femme succombe aux avances de Mark. Espérant retrouver Boris, elle s’engage comme infirmière dans un hôpital de Sibérie.

Cinq ans après la mort de Staline, le film témoigne de l’ouverture propre à cette période de « dégel », qui à l’écran, se traduisait par un ton plus compassionnel, rompant avec les épopéees héroïques et collectives qu’affectionnait le cinéma de propagande pour s’attacher aux épopées des individus, ces vies minuscules dont il va accompagner les affres et les douleurs, loin du patriotisme triomphant. Avec l’aide du génial directeur de la photographie Sergueï Ouroussevski, Kalatozov teinte en poète sa caméra de tonalités vibrantes : à la clarté duveteuse du pré-générique où les amants gambadent le long d’un fleuve, succède un noir et blanc contrasté, gagné par les ténèbres quand le couple se voit séparé par la guerre. Mais si la virtuosité de la mise en scène s’avère d’une inventivité étourdissante – fondus enchaînés, plans tournoyants ; lignes de fuite et caméra piquée… –, jamais le film ne se défait de son lyrisme déchirant. In fine, l’émotion submerge et nous laisse en larmes, comme le visage baigné de Veronika (bouleversante Tatiana Samoïlova), levant les yeux au ciel, apaisée enfin…
Nathalie Dray, Libération