Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Ennemis intimes/ ROSEMARY’S BABY
  • Lundi 1 Avril à 18h00
  • Vendredi 5 Avril à 15h30
  • Dimanche 7 Avril à 20h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

ROSEMARY’S BABY

ROMAN POLANSKI – 2H16, ÉTATS-UNIS, 1968

AVEC MIA FARROW, JOHN CASSAVETES, RUTH GORDON VERSION RESTAURÉE

Un couple de tourtereaux dans le vent — elle fait un peu fée du logis, lui est comédien — emménage dans un grand appartement new-yorkais, niché dans une vieille demeure tenant du manoir. À peine installés, ils sont envahis par leurs voisins, un couple de retraités excentriques, qui régentent peu à peu leur existence, surtout lorsque Rosemary annonce qu’elle est enceinte…

Un film de malade, fait par un cinéaste au top de sa forme. Le meilleur Polanski ? En tout cas le plus accompli en termes d’ambition, de symbiose commerciale (gros budget, film de genre) et d’« auteurisme ». La terreur est ici orchestrée de manière inattendue et paradoxale, distillée avec un humour grinçant et un soin infini apporté aux décors (labyrinthiques), aux costumes et à l’alimentation — voir ces breuvages laiteux aux herbes. Dans ce piège cauchemardesque, ce qui fait le plus peur, c’est la proie, à savoir Mia Farrow, rayonnante au début, et qui se décompose à vue d’oeil. Sa mine cadavérique est aussi affolante que sa (relative) naïveté. Entre Kubrick et Hitchcock, Polanski affirme une esthétique bien à lui, délirante et sarcastique à la fois. Le résultat est terrifiant, surtout pour sa vision de l’instinct maternel, sans limite.
Jacques Morice, Télérama