Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / John Cassavetes/ Shadows
  • Mardi 4 Avril à 18h30
  • Vendredi 7 Avril à 18h30
  • Dimanche 9 Avril à 16h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Shadows

JOHN CASSAVETES, 1H27, ÉTATS-UNIS, 1959

AVEC BEN CARRUTHERS, LÉLIA GOLDONI, HUGH HURD

États-Unis, années 60. Benny, Hugh et Lélia sont frères et sœur et partagent à New-York le même appartement. Alors que Benny passe ses journées dans les rues et les bars, Hugh tente de faire carrière comme chanteur de jazz. Lélia quant à elle veut être écrivain. Tous trois veulent aussi aimer et être aimés...

 

Shadows définit, mieux que tout autre film, les axes de la méthode de Cassavetes : complicité de la production et de la mise en scène, refus d’une soumission à la technique, relation privilégiée à l’acteur, mélange détonnant d’improvisation et d’écriture, montage conçu comme un work in progress. En somme, un cinéma fondé sur l’intuition et la liberté contrôlée. Un cinéma où triomphe l’élément humain. De tout cela, Shadows est complètement imprégné et présente d’emblée la quintessence du cinéma de Cassavetes. Il faut encore insister sur un point essentiel quant à ce premier film, c’est son sujet doublement risqué pour l’époque. D’abord, il s’agit d’amours interraciales entre un blanc et une jeune fille noire. Ensuite, les rapports frères-sœurs sont traités avec une subtilité, une délicatesse rares. Dernier élément constitutif de Shadows : la musique. Pourquoi ? Tout simplement, parce que l’auteur et l’interprète est Charles Mingus qui improvise en compagnie de Shafi Hadi, son saxophoniste de l’époque. Tout au long des images Mingus fait tellement corps avec Shadows qu’on finit par ne plus savoir si c’est la musique qui accompagne les plans ou l’inverse. Dans un cas comme dans l’autre, le phrasé, la sonorité, la pulsation, le rythme de Cassavetes comme de Mingus font merveille.
Thierry Jousse