Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinékino/ Shahada
  • Lundi 15 Mai à 18h30
  • Mardi 16 Mai à 14h30
  • Jeudi 16 Mars à 20h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
Mardi 16 mai : suivi de débats avec Ida Hekmat, maître de conférences*

Shahada

BURHAN QURBANI - 1H30, ALLEMAGNE, 2010

AVEC MARYAM ZARÉE, CARLO LJUBEK, JEREMIAS ACHEAMPONG

Berlin de nos jours, trois jeunes musulmans cherchent à concilier leur pratique religieuse au mode de vie occidental. Ismail, officier de police, est sur le point de rompre avec ses valeurs depuis qu’il est attiré par une jeune clandestine. Sammi est quant à lui déchiré entre sa foi et son désir pour Daniel. Maryam, la fille de l’imam du quartier, voit sa vie bouleversée suite à une grossesse non désirée.

Ces jeunes gens, on les a vus dans d’autres films : des musulmans tentant de se débrouiller tant bien que mal dans une Allemagne indifférente, voire hostile. Ils sont encore plus jeunes, chez Qurbani. Le trouble est en eux, qui les rend encore plus désemparés que leurs aînés. Lutter contre les autres avait le mérite d’être clair, net et précis. Mais s’opposer à soi-même... Sa référence, au cinéma, c’est le Kieslowski du Décalogue : ces histoires romanesques, sinueuses, où les personnages se confrontent à un dilemme qui les révèle, avec le risque de se perdre ou, qui sait, de se sauver... Dans ce polar nocturne — ou plutôt cerné par les ténèbres —, chacun semble, donc, chercher sans cesse une lumière qui se dérobe. Qui plus est, avec le personnage de l’imam, le réalisateur fait de ce premier film un hymne ferme et doux à la tolérance. Au jeune homme qui lui confesse sa honte d’être attiré par un garçon, il explique que « le Coran est un guide, un réconfort, mais ne peut savoir qui nous sommes et ce qu’il adviendra de nous ». À lui seul, cet imam, rejeté par ceux qui, autour de lui, sombrent dans le fanatisme, est le rappel d’une profession de foi. Qui pousse inexorablement vers la sagesse et la sincérité le musulman qui la prononce : la « shahada ».
Pierre Murat, Télérama

*Ida Hekmat est maître de conférences à l'Université de Franche-Comté