Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinékino/ Comme si de rien n’était (Alles ist gut)
  • Mercredi 7 Octobre 2020 à 20h30
  • Vendredi 9 Octobre 2020 à 18h30
  • Mardi 13 Octobre 2020 à 14h15
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
présentation & débat

Comme si de rien n’était (Alles ist gut)

Eva Trobisch – 1h30, 2019

Avec Aenne Schwarz, Andreas Döhler, Hans Löw

 

Meilleur premier film, festival de Locarno
Meilleure réalisatrice et meilleure actrice, festival de Munich

Janne est une femme moderne, éduquée, rationnelle, une femme qui réclame le droit d’être qui elle veut. Lors d’une réunion entre anciens camarades sa vie bascule. Mais elle va persister à faire semblant que tout va bien, refuser de se considérer comme une victime et de perdre le contrôle… Jusqu’à quand ? 

Si les films sur les violences faites aux femmes sont désormais pléthore, celui-ci a la bonne idée d’aborder le thème du viol de la manière la plus banale qu’il soit pour mieux s’interroger sur les limites de la détermination d’une femme, si habituée à gérer elle-même son destin qu’elle n’envisage pas un seul instant devoir être considérée comme une victime. 
Ce soir-là après une fête bien arrosée, Martin se fait insistant, il fait semblant de ne pas comprendre, ils se connaissent depuis si longtemps ! Et sans lutte, ni cris, il se laisse aller à ses pulsions. L’acte est minable et n’a duré que 30 secondes. Elle, dont la force de caractère est reconnue de tous, ne va pas se laisser troubler par cet événement furtif, si dramatique soit-il. Loin de tout manichéisme et de tout archétype, la réalisatrice-scénariste refuse de faire de Martin l’incarnation du diable, il n’a rien du prédateur sexuel tel que l’imagine le commun des mortels et c’est bien cette vision peu courante qui apporte toute son originalité à un récit qui ne s’encombre jamais des stéréotypes inhérents à ce sujet. 
Le scénario bénéficie de dialogues taillés sur mesure autant que de silences évocateurs pendant que la mise en scène, parfaitement sobre s’efface au profit d’une interprétation magistrale. L’actrice principale, Aenne Schwarz, que l’on a pu voir en 2016 dans le film de Maria Schraders Stefan Zweig, adieu l’Europe, occupe tout l’espace. Déployant toutes les facettes d’un jeu toujours juste, elle est fascinante d’ambiguïté. 
Claudine Levanneur, AVoirALire.com 

→ présenté, mardi 13 octobre / suivi d’un débat, mercredi 7 octobre, avec Ida Hekmat, maîtresse de conférences, département d’allemand de l’Université de Franche-Comté