Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinémas d’Amérique Latine/ La Toile de l’araignée (Araña)
  • Lundi 23 Novembre 2020 à 10h00
  • Lundi 23 Novembre 2020 à 20h30
  • Mardi 24 Novembre 2020 à 16h15
  • Jeudi 26 Novembre 2020 à 14h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
avant-première

La Toile de l’araignée (Araña)

Andrés Wood – 1h45, Chili, 2019

Avec María Valverde, Mercedes Morán, Caio Blat

 

Chili, années 70. Inès, Justo et Gerardo, la vingtaine, sont membres d’un groupuscule d’extrême droite, soutenu par la CIA et déterminé à renverser le gouvernement d’Allende. Ensemble, ils commettent un crime politique qui change l’histoire du pays et les sépare à jamais, mettant fin à leur triangle amoureux. 40 ans plus tard, Gerardo réapparait... Inès, devenue une puissante femme d’affaires, fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher le passé de remonter à la surface.

Réalisateur chilien, Andrés Wood, né en 1965 avait huit ans au moment du coup d’état. Sa conscience politique et sa passion pour le cinéma s’éveillent plus tard au rythme des projections clandestines, entre autres, le célèbre triptyque de Patricio Guzman, La Bataille du Chili, et des manifestations contre la dictature de Pinochet auxquelles il participe. C’est ainsi qu’en 1991, il part étudier le cinéma à l’universitéde New York. Après le succès international que rencontre son premier long métrage, Historias de fútbol (1997), il revient en 2001 avec le documentaire La Fiebre del loco, primé à de nombreuses reprises. L’abordage fictionnel du coup d’État de 1973 qu’il propose à travers la subjectivité du regard de deux enfants dans Machuca (2004) lui vaut une sélection pour la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes ainsi qu’une dizaine de prix internationaux. Quatre ans plus tard, Wood propose dans La Buena Vida une mosaïque de drames sociaux où le croisement des vies de quatre citadins forme un panorama contemporain du tourbillon urbain de Santiago. Enfin, après l’excellent accueil national et international réservé à son biopic Violeta se fue a los cielos (2011), le réalisateur revient sur les années noires de la dictature et les mobilisations contre la répression et l’impunité en retraçant la trajectoire de la célèbre avocate défenseur des droits de l’Homme Carmen Hertz dans la mini-série Ecos del Desierto (2013). Avec Araña, il change de point de vue en se plaçant du côté de jeunes militants d’extrême droite, enthousiastes, engagés et violents qui ont favorisé et accompagné le coup d’état avant de se retrouver à des postes clés de l’administration et de l’économie chiliennes, protégés par tout un système encore en place aujourd’hui. Un film rare, puissant et éclairant.