Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinékino/ TOUS LES AUTRES S’APPELLENT ALI
  • Mardi 5 Mars à 20h15
  • Jeudi 7 Mars à 18h30
  • Mardi 12 Mars à 14h15
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
par Ida Hekmat, mardi 5 | suivi d'un débat & mardi 12 | présentation

TOUS LES AUTRES S’APPELLENT ALI

RAINER WERNER FASSBINDER - 1H33, ALLEMAGNE, 1973

AVEC BRIGITTE MIRA, EL HEDI BEN SALEM

Dans un bar fréquenté par des travailleurs immigrés, Emmi fait la connaissance d’Ali, un Marocain de vingt ans de moins qu’elle. Ali s’installe chez elle dès le lendemain, puis ils se marient. L’entourage d’Emmi est scandalisé par cette union.

Tous les autres s’appellent Ali, c’est la rencontre de deux solitudes. Un immigré marocain et une veuve allemande d’un certain âge ont une liaison puis décident de régulariser leur relation en se mariant. La vieille dame subira la réprobation de sa famille. Le couple va devenir la victime des jalousies et de la médisance de leur entourage, sans parler du racisme ordinaire dont sont la cible les travailleurs immigrés dans la société allemande. Marqué par l’hostilité ambiante, les nouveaux mariés devront subir d’autres épreuves, jusqu’à l’altération irréversible de leurs sentiments. Rainer Werner Fassbinder se livre à un exercice d’admiration en transposant un mélodrame flamboyant de Douglas Sirk dans la grisaille de la petite bourgeoisie munichoise. Tous les autres s’appellent Ali est le remake avoué de Tout ce que le ciel permet, avec des références directes au film de Douglas Sirk réalisé en 1955. Fassbinder a compris la violence politique et le féminisme du cinéma de Sirk, sous le vernis hollywoodien. Il réussit un film distancié et cruel qui décortique les rapports de soumission et de domination au coeur des histoires d’amour, un sujet qui traverse toute son oeuvre. Le cinéaste y dresse le portrait de l’Allemagne moderne et des exclus du miracle économique. L’exaspération des sentiments y côtoie les cicatrices du nazisme.
Olivier Père, Arte