Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Cinékino / TRANSIT
  • Mardi 29 Janvier à 18h30
  • Mardi 29 Janvier à 20h30
  • Mardi 5 Février à 14h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
par Ida Hekmat, mardi 29 | suivi d'un débat & mardi 5 février | présentation

TRANSIT

CHRISTIAN PETZOLD – 1H40, ALLEMAGNE, FRANCE, 2018

AVEC FRANZ ROGOWSKI, PAULA BEER, GODEHARD GIESE

De nos jours, à Marseille, des réfugiés fuyant les forces d’occupation fascistes rêvent d’embarquer pour l’Amérique. Parmi eux, l’Allemand Georg prend l’identité de l’écrivain Weidel, qui s’est suicidé pour échapper à ses persécuteurs. Il profite de son visa pour tenter de rejoindre le Mexique. Tout change lorsque Georg tombe amoureux de la mystérieuse Marie, en quête désespérée de l’homme qu’elle aime, et sans lequel elle ne partira pas…

Georg n’est d’abord qu’un errant sans identité, à peine inquiet, alors qu’autour de lui le monde s’affole. Des gens se cachent, pour échapper à des forces fascinantes qui occupent Paris. Serait-ce l’année 1940 ? Non : une époque plus incertaine, qui pourrait être la nôtre, mais sans smartphone. L’auteur de Barbara et de Phoenix adapte le roman d’Anna Seghers, publié en 1944, qui retraçait la situation de réfugiés fuyant la persécution nazie et se retrouvant coincés sur le Vieux Port, en attente d’un hypothétique visa et d’un bateau pour les États-Unis ou le Mexique. Le regard de Christian Petzold est plus allégorique et mystérieux. Son film conjugue la menace et le calme, l’alarme et l’attente. On évolue dans un temps et un lieu intermédiaires, provisoires : une niche qui vire à la souricière. Mais aussi un sas ouvert au désir et à l’imaginaire, ­appuyé par la voix off d’un narrateur (Jean-Pierre Darroussin) à la fois ­clairvoyant et retenu. Rompre avec une part de sa patrie et de sa langue, avec ceux qu’on aime, réson­ne, bien sûr, avec l’actualité brûlan­te des migrants. Mais le cinéaste dépasse le cons­tat en laissant filtrer une possible renaissance, une réinvention de soi. Dans ce que poursuit Georg, qui revient hanter les mêmes lieux, se leurre, se dédouble, se retrouve, il y a quelque cho­se de vertigineux.
Jacques Morice, Télérama

Ida Hekmat est maître de conférences, département d’allemand de l’Université de Franche-Comté

 

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