Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Zoom | L'Europe, la crise... et un peu d'espoir/ L’USINE DE RIEN (A FÁBRICA DE NADA)
  • Vendredi 2 Février à 19h00
  • Samedi 3 Février à 16h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

L’USINE DE RIEN (A FÁBRICA DE NADA)

PEDRO PINHO - 3H, PORTUGAL, 2017

UN FILM COLLECTIF DE JOÃO MATOS, LEONOR NOIVO, LUÍSA HOMEM, PEDRO PINHO, TIAGO HESPANHA

AVEC JOSÉ SMITH VARGAS, CARLA GALVÃO, NJAMY UOLO SEBASTIÃO

Une nuit, des travailleurs surprennent la direction en train de vider leur usine de ses machines. Pour empêcher la délocalisation de la production, ils décident d’occuper les lieux. À leur grande surprise, la direction se volatilise laissant au collectif toute la place pour imaginer de nouvelles façons de travailler dans un syste me ou la crise est devenue le mode le de gouvernement dominant.

Entre fable, comédie, documentaire à chaud et fiction bouillonnante, essai politique et comédie syndicale, cet ovni portugais de trois heures est l’une des grandes découvertes de l’année. Au départ, donc, une usine ferme. Mais les ouvriers y restent, s’accrochent à leurs postes au lieu de prendre des primes pour disparaître. Et comme les machines sont à l’arrêt, le travail continue sans produire quoi que ce soit. Autour de ce motif central, les Portugais de Terratreme, coopérative cinématographique à l’écoute du monde, se sont mis à broder joyeusement. Ils ont fait venir les ouvriers, les vrais, avec leurs histoires authentiquement tragiques. Ils ont invité un cinéaste, un faux, sorte d’intello de gauche exalté qui débarque dans l’usine avec des citations de Marx dans les poches et une idée de comédie musicale pour redonner de l’élan à tout le monde. À la multiplicité des approches répond un cinéma agile, sérieux quand il faut et illuminé dès que c’est possible, fantaisiste mais qui ne perd jamais la foi et ne se laisse enfermer, finalement, dans aucun discours. Cela fait de L’Usine de rien une expérience stimulante et instructive. Ce que défendent par dessus tout les cinéastes, c’est le collectif. Un mot d’ordre non seulement sympathique mais qui produit dans ce film quelque chose de nouveau, d’intrigant, d’unique.
Frédéric Strauss, Télérama