Les deux scènes

Les deux scènes
Cinéma / Voyage à travers le cinéma français
  • Jeudi 7 Septembre à 19h00
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Voyage à travers le cinéma français

BERTRAND TAVERNIER - 3H11, 2016

AVEC BERTRAND TAVERNIER, ANDRÉ MARCON

« Ce travail de citoyen et d’espion, d’explorateur et de peintre, de chroniqueur et d’aventurier qu’ont si bien décrit tant d’auteurs, de Casanova à Gilles Perrault, n’est-ce pas une belle définition du métier de cinéaste que l’on a envie d’appliquer à Renoir, à Becker, au Vigo de L’Atalante, à Duvivier, aussi bien qu’à Truffaut ou Demy. À Max Ophuls et aussi à Bresson. Et à des metteurs en scène moins connus, Grangier, Gréville ou encore Sacha, qui, au détour d’une scène ou d’un film, illuminent une émotion, débusquent des vérités surprenantes. Je voudrais que ce film soit un acte de gratitude envers tous ceux, cinéastes, scénaristes, acteurs et musiciens qui ont surgi dans ma vie. »

Tavernier revisite quatre décennies de films, de 1930 aux années 1970, à travers sa propre vie de spectateur et d’homme. Depuis sa première émotion de spectateur, à six ans, dans un sanatorium (Dernier atout, de Becker) jusqu’à ses débuts derrière la caméra grâce à Claude Sautet, en passant par ses années d’attaché de presse pour Claude Chabrol, Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Melville, sans oublier les musiciens du septième art (beau chapitre sur Maurice Jaubert, le compositeur de L’Atalante et du Jour se lève). Les nombreux extraits de films sont entrecoupés d’archives savoureuses : l’interview où le scénariste Henri Jeanson fait mine d’oublier le nom de Marcel Carné, qu’il haïssait, est un grand moment d’humour vachard. Et les commentaires de Tavernier sont un régal, qu’il multiplie les anecdotes avec un sourir gourmand ou délivre une captivante leçon de mise en scène. Ces trois heures et onze minutes d’érudition et de passion remplissent parfaitement leur mission : transmettre l’amour du cinéma. Sitôt la projection terminée, on n’a qu’une envie : revoir ou découvrir les quatre-vingt-quatorze films que Tavernier a cités...
Samuel Douhaire, Télérama