Les deux scènes

Les deux scènes
  • Mercredi 31 Janvier à 16h00
  • Mercredi 31 Janvier à 20h15
  • Jeudi 1 Février à 18h30
  • Au Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€
PRÉSENTATION À 16H ET DÉBAT À 20H15 MERCREDI 31 JANVIER AVEC IDA HEKMAT

WESTERN

VALESKA GRISEBACH - 2H, ALLEMAGNE, BULGARIE, AUTRICHE, 2017

AVEC MEINHARD NEUMANN, REINHARDT WETREK, SYULEYMAN ALILOV LETIFOV

Un groupe d’ouvriers allemands prend ses quartiers sur un chantier pénible aux confins de la campagne bulgare. Ce séjour en terre étrangère réveille le goût de l’aventure chez ces hommes, alors que la proximité d’un village les confronte à la méfiance engendrée par les barrières linguistiques et les différences culturelles. Rapidement, le village devient le théâtre de rivalités entre deux d’entre eux, alors qu’une épreuve de force s’engage pour gagner la faveur et la reconnaissance des habitants.

Le film est passionnant à l’heure des doutes européens, entre Brexit et nouvelles amours de Macron et Merkel, parce qu’il raconte très précisément quelque chose que la politique ne peut pas inventer ou décrire, et qui est pourtant ancré dans notre présent. Comment des greffes entre voisins ne partageant pas la même langue, ni le même niveau de vie, ni les mêmes horizons, peuvent-elles prendre ? Western, tout comme Toni Erdmann (de Maren Ade, coproductrice de Western), va chercher à l’Est la substance nourricière de nouvelles histoires, pour une mythologie vivante, actuelle ou en friche, et qui, peut-être pour la première fois, pourra ne pas être écrite par les vainqueurs. La frontière mythique ne se trouve plus à l’Ouest, mais à l’Est, dans cet hinterland abandonné de tous, Européens comme Russes, dont les terres vierges sont vouées à devenir objets de convoitise. Que ces immenses étendues de forêts, aux tons vert pâle et au feuillage pétant soient désormais l’eldorado de travailleurs détachés venus d’Allemagne dessinent un trajet pendulaire allant à rebours de l’attendu et fait de Western un film en prise avec un contemporain brûlant globalement absent de notre imaginaire.
Didier Péron, Elisabeth Franck-Dumas, Libération

 Ida Hekmat est maître de conférences au département d’allemand de l'université de Franche-Comté