Les deux scènes

Les deux scènes
Morse

Morse

TOMAS ALFREDSON
1h 50, Suède, 2009

avec sKåre Hedebrant, Lina Leandersson, Per Ragnar, Henrik Dahl, Karin Bergquist, Peter Carlberg

Oskar est un jeune garçon anxieux et fragile, brimé par ses camarades. Il n'a pas d'amis jusqu'au jour où Eli, 12 ans comme lui, s'installe dans l'appartement en face du sien. Pâle, la petite fille ne sort que la nuit. Au même moment, on commence à retrouver des cadavres... tous sont vidés de leur sang. Oskar comprend alors le terrible destin de son amie, piégée pour l'éternité dans un corps d'enfant. Ils vont chacun à sa manière s'aider, s'épauler...

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Documents pédagogiques et pistes de travail

--- les documents de la formation d'Alain Mathey : textes et images

--- le texte sur l'accompagnement pédagogique de Lycéens et apprentis au cinéma de Thierry Méranger

--- le livret pédagogique pour les enseignants et la fiche élève 
--- le dossier de presse

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--- les éléments pédagogiques sur le site Image

--- la bande annonce du film

--- le cours de cinéma d'Emmanuel Siety sur le goût de la peur, au Forum des Images

--- la conférence filmée "Le Vampire au cinéma" de l'historienne Marjolaine Boutet

--- le film disponible sur Colaco

--- le livre Laisse moi entrer de John Ajvide Lindqvist dont est tiré le scénario du film

--- le passionant cours en ligne d'initiation au vocabulaire de l'analyse filmique réalisé par CICLIC

--- le glossaire du cinéma du Site Image, tout aussi passionant 

La critique de Samuel Douhaire, Télérama

Sorti en février 2009 en pleine Twilight-mania, Morse n'a pas bénéficié de la mode des vampires à l'écran. Les ados auraient pourtant eu tout à gagner à découvrir ce film fantastique suédois, superbe antithèse à la mièvrerie de Stephenie Meyer. C'est une question de réalisme psychologique, mais aussi de climat...

La neige recouvre les mornes banlieues des années 1980 comme un linceul. Les mouvements au ralenti des personnages engourdis par le froid contribuent à l'atmosphère cotonneuse de Morse. Tomas Alfredson a eu l'intelligence de renoncer au folklore « gousse d'ail-crucifix-pieu dans le coeur » et au grand-guignol pour privilégier le silence et les ellipses. Les explosions de violence n'en sont que plus impressionnantes, y compris quand le réalisateur a l'habileté de les placer hors champ. Violence bestiale d'Eli, vampire à jamais figée dans le corps d'une gamine de 12 ans, qui, pour ne pas mourir de faim après le sacrifice de son protecteur, doit se jeter sur ses proies comme un fauve. Violence plus feutrée, mais non moins terrifiante, des collégiens contre Oskar, leur camarade mal dans sa peau.

Dans ce monde d'une tristesse infinie, la complicité naissante entre les deux jeunes marginaux brille comme un éclair dans la nuit - Flash in the night, le tube inquiétant repris sur la bande-son. Une lueur d'espoir pour rappeller que l'adolescence reste, envers et contre tous, l'âge des possibles.