Les deux scènes

Les deux scènes
  • Mercredi 7 Juillet à 18h00
  • Mercredi 7 Juillet à 20h30
  • Au Petit Kursaal
  • Tarif de 2,50 à 5€

Mignonnes

Maïmouna Doucouré – 1h35, 2019

avec Fathia Youssouf, Médina El Aidi-Azouni, Maïmouna Gueye

 

Meilleur espoir féminin (Fathia Youssouf), César 2021
Meilleure réalisation, Sundance festival
Mention spéciale du jury, Festival de Berlin.
– sortie en salle août 2020 –

Amy, 11 ans, rencontre un groupe de danseuses appelé « Les Mignonnes ». Fascinée, elle s’initie à une danse sensuelle, dans l’espoir d’intégrer leur bande et de fuir un bouleversement familial…

Mignonnes raconte une éclosion, celle d’une pré adolescente âgée de 11 ans, Amy, qui se cherche entre une famille ancrée dans les valeurs patriarcales et les nouvelles copines extraverties du collège situé dans le Nord parisien, où la toute jeune fille vient d’atterrir. Entourée de sa mère et de son petit frère, elle essaie de comprendre le monde qui l’entoure. Pourquoi son père n’est-il toujours pas rentré du Sénégal, pourquoi les femmes doiventelles obéir à leurs maris comme on le répète à sa mère ? En attendant de trouver des réponses, Amy regarde autour d’elle et découvre, les yeux écarquillés, des filles de son âge qui répètent des chorégraphies lascives, portent le tee-shirt au-dessus du nombril et semblent bien dans leur peau. Commence alors un jeu d’approche : Amy veut faire partie de la bande et veut tellement prouver qu’elle leur ressemble qu’elle va mettre les bouchées doubles. Visionnage de danses hypersexualisées, expérimentations de vêtements moulants et, enfin, la transformation. Un deuxième chapitre s’ouvre, aux petits airs de Bande de filles (2014, de Céline Sciamma), version pré ado. La précision du regard de Maïmouna Doucouré l’emporte : la caméra capte avec légèreté des signes vus à hauteur d’enfant, l’agilité du récit permet de comprendre en un plan l’arrivée prochaine du père avec sa seconde épouse. L’actrice Maïmouna Gueye est bouleversante de sobriété, dans le rôle d’une mère acceptant son sort tout en laissant implicitement sa fille explorer sa liberté.
Clarisse Fabre, Le Monde